jeudi 8 mars 2012

Merveille du Quotidien #4 : Elle est mignonne, elle va se retenir...


Vendredi matin, 8h30, j'enfile mon manteau pour partir au boulot.

*hé-ho, héhoooo*

Soudain, un violent haut-le coeur me prend, et heureusement que je me trouvais devant ma salle de bain, j'ai juste eu le temps de donner mon Petit-déjeuner à mes Water Closed. Comme quand j'avais 5 ans et ma première gastro : un vrai geyser venu du tréfond de mon estomac qui me crierait "NAN, J'EN VEUX POÔÔÔÔÔ !". De toute façon, les petits-dej, c'est galvaudé.

Bon.

Ca, c'est fait. Je me brosse les dents, ferme mon manteau et m'en vais au boulot.

*hé-ho, héhoooo*

Oui, parfaitement, je vais bosser. On ne va pas se laisser emmerder par une petite nausée matinale ! non mais sans blague ! Elles font toutes ça dans les séries télé les meufs, et elles se portent très bien !

Ce matin-là, j'avais la flemme alors j'ai pris le bus. Ce qui est une information capitale pour le reste de l'histoire. 
Si si, tu verras. 
Puis, forcément, après le bus, j'arrive à mon travail, tranquille, en avance, y'a personne. Je vais me faire chauffer mon thé du matin parce qu'en ce moment, je suis plus thé que café. 
Mes collègues arrivent petit à petit.

-"Saluuut !
- Salut ! ça va bien ?
- Bien."

Un matin comme n'importe quel autre matin quoi... Je me mets à Photoshop pour rectifier un petit bidule pour un PC déposé quelques semaines plus tôt (un jour je te raconterai comment nous les architectes on voit le monde. Un monde ou un pédé est un Permis de Démollir et un PC un Permis de Construire...). 
Monsieur T. (pour des raisons de respect de la personne, je ne révèlerai pas les noms de mes collègues de boulot. Rien, je ne dirai rien !).

*Enfin si, je peux dire que Monsieur T. il est... Naaaaan ! j'peux pas !*

Enfin bref. Monsieur T. m'explique bien gentiment que là, là et là, les balcons sont décalés de là à de là, et que là, là et là maintenant c'est comme ci et plus comme ça.

QUAND SOUDAIN !

-"Heu... scuzmoideminutchmesenpatropbien".

Mon estomac avait un message de la plus haute importance à délivrer aux toilettes de l'agence : "NAN, J'EN VEUX POÔÔÔÔÔ !".

*Tu noteras que j'ai dis estomac, pas intestins hein. Non pas que je mente par homologation, mais juste, là, c'était bien mon estomac. Pas mes intestins. T'as vu un peu comment je reste une princesse même dans les pires moments de ma vie ?*

Bon.

Et là, ma caméra mentale zoome brusquement sur mon visage pendant que mes yeux s'écarquillent. Je prends une petite minute pour compter... 1.... 2... ouais, ça fait bien 2 fois que je vomis en l'espace de 1... 2... nan, 1 heure même pas et demie. 

*Haha ! comment t'as cru que j'étais enceinte ! on est dans la vraie vie quand même hein, pas dans une série télé ! D'autant que si j'étais enceinte, ... non. Je suis désolée, mais on se connait pas assez bien pour que tu te fasses une idée de la dernière fois où j'ai fait du sexe.*

Je retourne à ma place et me mets à bosser sur les bidules qu'il faut absolument finir ce matin parce que tu comprends, si c'est pas fini ce matin, c'est sûr, les molécules de notre vaste monde vont se décomposer et ce sera la Peau de Calypse.

*La Peau de Calypse, c'est comme Allez Louïa, je peux pas l'écrire comme dans la vraie vie des gens gris.*


Monsieur T. me demande gentiment et subtilement si je viens pas par hasard de gerber ma mère aux teu-chio. Si. Tout à fait, mais ça va, je gère ! Oui, je suis sûre, et je suis pâlichonne parce que j'ai pas eu le temps de me maquiller ce matin.

*Comme tous les matins depuis un mois. J'ai une sale gueule, tu devrais être habitué, merdàlafin ! Comment ça j'ai des sautes d'humeur ?! *

Donc je continue vaillamment à cliquer, faire du lasso polygonal, dupliquer des calques, des pommes S et des pommes L en veux-tu en voilà. Et j'ai soif. Drôlement soif même ! donc je vais me refaire un thé et boire de l'eau. Beaucoup. Trop ? Tout avance bien, une petite heure et demi se passe, 2 heures même, QUAND SOUDAIN...

°court-aux chiottes°estomac°"NAN, J'EN VEUX POÔÔÔÔÔ !"°

*Je te la fais courte, tu commences à saisir le truc je pense...*

Bon. 


Je décide de rentrer chez moi avant que :

- par mégarde, mes intestins décident eux aussi de faire la grève de la digestion.
- J'arrive à la fin de ma méga boite de chewing gums à la menthe.
- je contamine mes collègues de travail, surtout ma voisine de bureau : "Ha nan y'a pas moyen, Ch'parOski d'main avec les gosses, siionss chop' tous la gastro ça va pas l'faire !".

Et là, j'avoue, je faisais plus trop la maline, je commençais même sérieusement à me sentir pas franchement fraiche-princesse-naturelle/même/sans/makeup... Mais pleine de conscience professionnelle, je prends quand même le temps de m'envoyer le DWG du projet dont je m'occupe en ce moment par mail pour pouvoir bosser de chez moi parce que "Si si, je peux bosser, juste j'ai pas envie de tous vous contaminer, et je préfère bé-gèr dans mes chiottes à moi. C'est trop intime le vomito, c'est comme des racourcis clavier, ça ne se partage pas."

Et me voilà, un vendredi matin, à 11H30, rentrant du boulot.

*Et non, à ce stade-là, je ne chantonnais pas franchement HéHoooo...*

Je marche jusqu'au bus. Ca fait du bien l'air frais ! Mais putain, qu'est ce que j'ai soif ! 

*Han, mais comme chuis trop une fille intelligente, j'ai ma petite bouteille de source des pins dans mon sac ! que je vide aussi sec.*

J'arrive à l'abribus, qui me dit que mon bus est là dans 3 minutes, même que c'est bon, t'inquiète pas, le deuxième est à 5 minutes.
Je monte dans le bus. Pfoulala, ça sent bizarre un peu là quand même... Je dis bonjour au chauffeur, qui me toise de haut d'un air de dire "Mais qu'est qu'elle veut cette connasse ?!". 

*Les chauffeurs de bus, c'est comme les petites vieilles du bus, tu les crois naïvement tout gentils parce que tu viens de LaProvince et y'en a à peu près une certaine proportion qui sont en fait ... heu... pas si gentils on va dire....*

ChouetteChouette, je trouve une place assise ! En route Marcel !

*Gros bruit de klaxon de Camion et musique du générique de c'est pas sorcier*

Bretagne, tout va bien. Oberkampf/Filles du Calvaire, je crains dégun. Mais entre filles du calvaire et Jean Pierre Timbaud/Richard Lenoir... une bouffée du parfum de ma voisine de siège a foutu mon estomac en pétard... Mais genre pas content du tout. On arrive à un feu rouge, je prends mon courage à deux mains, traverse au moins 4 odeurs d'étrangers en essayant de pas respirer, et vais demander au chauffeur qui m'a tout l'air de faire partie de la mauvaise proportion :

-" Heuuuuu.... Monsieur ...? Excusez-moi, mais est ce que vous pouvez m'ouvrir la porte exceptionnellement au feu rouge s'il vous plait, je suis malade et là, je me sens pas bien du tout, je voudrais sortir s'il vous plait..."

*Allez, vas-y, steuplé fais moi sortir, j'vais vomir de sa mère, ça va être gore à mort, j'vais me taper la honte de ma vie pire que quand j'ai dû mettre le jogging des années 70 du carton "trouvés/oubliés" de l'école primaire parce que j'ai tout sali mon jogging des années 80 en jouant dans la boue avec les garçons parce que les filles c'est nul, steupléééé steupléééé rhââââ putain soit cool quoi merd'   T_T   *

J'avais mon air de princesse en détresse vraiment dans la détresse de la mort avec la peau toute verte et en vrai, ça sonnait beaucoup plus parisien que ça. La suite s'est déroulé comme suit, et même si je te la rapporte avec moult détails, ça n'a duré que 7 secondes au grand maximum :

Le chauffeur tourne la tête d'un air usé comme si je l'interrompais en pleine résolution mentale de la molécule résolvant la faim dans le monde, me toise et me dit :

-" *soupir* Ben elle est mignonne et elle va se retenir jusqu'à l'arrêt qui est à 5 mètres."

L'arrêt était effectivement juste après l'intersection du feu rouge, parce qu'en général, on fait comme ça, pour pas que les voitures ne se rentrent dedans, on leur met des feux. D'ailleurs, moi j'aurais plutôt dis que c'était à 12 mètrès puisque c'était une double voie mais bon... j'allais pas chipoter.

J'ai mis ma main devant ma bouche. 
J'ai pas pensé aux trous de nez. 
Mes de narines ne m'avaient pas prévenues qu'elles s'étaient mises d'accord avec mon estomac pour faire comprendre au chauffeur de bus que même si elle te trouve très gentil Môssieur le chauffeur de bus de la traiter de mignonne, elle va quand même te saloper l'entrée de ton bus. 
Et à partir du moment où ça sort pas tes trous de nez, tu lâches l'affaire. Et j'ai tout laché. C'est une chose de saloper l'avant d'un bus de la RATP, s'en est une autre de saloper ton manteau parce qu'un abruti de chauffeur a cru que ton estomac bluffait.

J'ai donc enlevé ma main. Et j'ai tout vomi ma flotte/un autre liquide indéterminé et jusqu'à ce jour mystérieux sur le par-terre du devant du bus, même que ça a tout éclaboussé la porte et l'extincteur, et mes chaussures... 

*NOOOON putain, pas les chaussures... là c'est trop je crois que je vais pleurer pour du vrai ... T_T  *


Et dans ce cas-là, autant te dire que tu te sens plus trop princesse... Le feu est passé au vert, les voitures de derrières ont klaxonné. Le chaufeur de bus a regardé son par-terre tout salopé, puis moi, puis le feu, puis le prochain arrêt à 5 mètres mais moi je dirais plutôt 12, puis la porte, puis re-moi. 
Avec son air de pas y croire. 
Un air de se dire que putain, celle là il ne l'avait pas vu venir. 

Le feu était toujours vert, il a avancé jusqu'à l'arrêt. Les portes se sont enfin ouvertes, et il s'est retourné pour dire aux gens que désolé mais il va falloir tous descendre par l'arrière et monter dans le bus juste derrière en me regardant comme me regardait mon directeur d'école primaire quand j'avais joué dans la boue. Il a ouvert les portes de devant pour que moi je puisse sortir sans marcher dans mon vomi d'eau et de liquide indéterminé et pour dire aux gens qui attendaient à l'arrêt que bon, désolé mais faut attendre le bus derrière...

Je suis sortie du bus, je me suis excusé bien bas une fois sur le trottoir quand une vieille dame s'est dépéché juqu'à l'avant du bus...

*oh merde... encore une mauvaise proportion qui veut bien me faire comprendre comment ça la fait grave chier de perdre 2 minutes à attendre l'autre bus, parce que vous comprenez, la retraite, c'est pas comme si on avait du temps pour glander...*

Elle s'est penché dans l'encadrement de la porte et a dit au chauffeur de bus :

-" Non mais pourquoi vous lui avez pas ouvert la porte à cette pauvre petite ? ça vous aurait fait trop mal non ?! vous voyez pas ? elle est toute verte ! non mais sans blague, ça coûtait rien de lui ouvrir les portes au feu rouge à cette pauvre petite ... "

Elle a même pas eu le temps de finir sa phrase, les portes slui ont coupé la parole et le bus est parti, faisant tout couler le fruit de mes entrailles même pas béni dans le couloir... Il existe donc des vieilles dame dans la bonne proportions !

*Allez Louïa ! Il existe donc ici des petites vieilles de la bonne proportion ! *

J'ai fini par arriver chez moi à pieds, sans pause vomito. J'ai même pu passer à la pharmacie où j'ai assuré à la pharmacienne que non, je suis pas enceinte, oui je suis sûre. C'est juste une gastro je voudrait une boite de Smecta et une de Vogalib siouplé.

*Le saint Esprit met toujours des capotes sans rechinier lui*

Et au final, je m'en suis tirée avec une grippe, 2 jours au lit à délirer sur des trucs pas possibles, 2 kilos en moins, 2 chaussures foutues (mais en fait non, les converses, à la machine et zou !) et une foi renouvelée en la petite vieille du bus.



____over and out____.

jAne.

1 commentaire:

  1. Si tu veux j'ai une technique infaillible pour que 99% des vieilles deviennent de la bonne proportion. Mais pour cela il va falloir que le saint Esprit et toi décidiez de ne plus utiliser de contraceptif et qu'"ilestnéledivin'enfant"…

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