samedi 12 mai 2012

Et si c'était moi l'enfoirée affective ? #1 : où je découvre ce qu'est l'empathie.


Il m'aura fallu du temps (un mois à peine...) pour la pondre cette note, mais il faut me pardonner, j'ai été prise dans un troubillon d'études de faisabilité, d'emménagement et d'hésitation rapport au degré de vie privée que comporte cette note. Mais bon, quand on fait un blog pour raconter sa vie, à un moment, faut assumer. Donc voilà :

Hier soir, lors d'un skype avec Mademoiselle i exilée dans un coin de la planète, je lui raconte les derniers événements palpitants de ma vie parisienne et donc des gens qui gravitent autour de moi. Vient le sujet de "qu'est ce que t'as fait vendredi soir ?!". Et là, je me souviens.

Je sais pas toi, mais moi, mon vendredi soir fut riche en ascensions et descentes émotionnelles. Vendredi, j'ai été, dans l'ordre :
- fatiguée/méga flippée de la mort/stressée/rassurée/fatiguée/distraite/impatiente/trop contente/hyper contente/effondrée/hyper déçue/triste/pleine d'espoir/suppliante/réconfortée/ras le bolisée/rassurée. Et ça fait drôlement beaucoup pour ma petite personne en une seule journée !

*Bon, je précise aussi que ce jour a coïncidé de manière lunaire avec une certaine période du mois féminine que l'on traverse presque toutes tous les mois et que donc, je sais pas toi mais moi, ces jours là, je suis plutôt presque sensible comme une fille normale. Un peu. Mais jamais hystérique hein ! Je vous vois venir vous les garçons !*

Enfin bref. Les informations capitales du début de l'histoire à savoir sont :
- que c'était mon premier jour dans mon nouvel appartement d'où la fatigue.
- que mon chat s'était fait la malle dans la nuit par la petite grille d'aération de la porte d'entrée, mais que je l'ai retrouvée saine et sauve d'où la méga flippe de la mort et le rassurage.
- que dans la pagaille, j'ai oublié mon téléphone portable à ma maison et ai donc été coupée du reste du monde de 9h à 20h d'où la distraction
- que ce soir là, je devais aller chercher mon dude, mon brother from an other mother, mon Monsieur J. que s'il n'existait pas, j'aurais été OBLIGÉE de l'inventer. Sérieusement, ce mec là, c'est un des centres de mon univers, un des piliers qui empêche mon château de cartes de s'écrouler. D'où l'impatience.
- que ce même soir là, je devais à un moment ou à un autre aller saluer le dernier ex en date qui avait décidé de s'envoler pour l'Australie quelques jours plus tard. Certes, c'est un ex, mais nous sommes restés assez bon potes pour que je l'honore de ma présence de temps en temps sans aucune arrière pensée. Cross my heart. Ce qui présageait d'ailleurs d'une bonne soirée, l'occasion de croiser d'un coup plein de potes et de passer de chouettes moments. D'où le trop contente.

Faisons donc une ellipse temporelle jusqu'au moment où j'arrive chez moi parce que tout ça, ce sont d'autres histoires.

*Putain, je suis tellement TELLEMENT en retard dans mes notes de blogs... ce qui est effectivement une façon de te dire que ma vie est TELLEMENT palpitante. Ou bien que dans mon désespoir, je me noie dans le travail pour oublier...*

Donc me voilà chez moi. Enfin quelque part sous tous ces cartons, je suis sûre que y'a un truc qui ressemblera très prochainement à mon chez moi. En attendant, je cherche mon portable, persuadée que de toute façon, comme d'habitude, il n'aura pas grand chose à me raconter.

NON POINT ! j'ai plein de notifications sur mon iPhone !!! haha !!! 

*toi aussi, t'as remarqué que c'est toujours quand tu n'as pas ton téléphone avec toi que la moitié de ta planète essaie de te joindre ?! c'est fou !*

Trop contente, je fais mon petit code et vais voir ce qu'il en est... 

-Un appel en absence avec un message dont je ne me souviens plus. 
-Un texto que je garderai que pour moi parce que c'est trop perso comme texto. Pour le moment. Qui m'a rendue Hyper contente 


*huhuhu_et_un_peu_débile_aussi !*

-Un texto d'une amie australienne qui est à Paris en ce moment et que dans ma grande générosité je comptais emmener à la soirée d’au revoir de l'ex. Qui m'a rendue trop contente aussi.

*T'as remarqué un peu comment mon niveau de contentitude monte depuis tout à l'heure... ? ouais... tu la vois venir la chute...?*


-Un texto de Monsieur J. me disant que ça n'allait pas fort et qu'il n'allait pas pouvoir venir ce weekend. Et là BIM, l'effondrement de mon joli château de carte du weekend commence...
-Et enfin, un dernier texto de Monsieur N. ... le dernier ex. Ou plutôt devrais-je dire un énième texto à la con (le SMS est le moyen de communication préféré de Monsieur N., geek de son état). 

*Et par moyen de communication préféré, j'entends communiquer pour des trucs débiles genre "tu fais quoi ce soir" à "tiens, au fait, j'ai plus envie de sortir avec toi". Et Je te rassure, Monsieur N. n'est pas un collégien. Ni un lycéen. Je ne suis pas dans le trip cougar encore ! Mais il faut savoir pour la suite de l'histoire, que c'est le genre de geek à te larguer par texto...*

Texto qui j'en suis sûre partait d'un bon sentiment (très maladroit). Texto qui gentiment me demandait si mon déménagement s'était bien passé et me prévenait l'air rien qu'il y aurait à la soirée une fille qui lui fera des bisous.

Ben ouais, je me doute bien que y'aura des gens qui te feront des bisous ce soir banane, tu pars à l'autre bout du monde pour un an !

A ce moment, mon cerveau plutôt attaqué par le nouvelle désastreuse de la non venue de Monsieur J. n'a pas trop relevé, mais a quand même demandé une seconde lecture à mes yeux.

J'ai relu.

HAAAAA MAIS PUTAIN DE BORDEL DE MERDE ! CET ESPÈCE D'ENFOIRÉ ME PRÉVIENT QU'IL A UNE NOUVELLE MEUF. QUI SERA LÀ CE SOIR. ALORS QU'IL SE BARRE À L'AUTRE BOUT DU MONDE. ALORS QUE CET EMPAFFÉ M'A LARGUÉE PAR TEXTO Y'A 6 MOIS.

À ce moment là, j'ai été hyper déçue. Hors contexte, j'en n'aurais rien à foutre qu'il ait une nouvelle meuf. J'en n'aurais même eu rien à foutre de les voir se rouler des pelles. 

Mais dans le contexte du mec que j'ai quand même recroisé et avec qui j'ai re papoté pas mal de fois, et qui n'a jamais trouvé utile de prévenir avant le jour même de la soirée d’au-revoir (du coup d'adieu)...
le contexte du weekend post déménagement tant attendu car Monsieur J. venait mais finalement non... 
le contexte du ok, sur ce coup là, c'est toi qui gagne, tu t'es trouvé quelqu'un en premier, et merde... (oui, avoue, avec tous les ex c'est toujours pareil : qui va se trouver une meuf/un mec en premier ? et je ne parle pas de la coucherie d'un soir. Ça ça ne compte pas parce que techniquement...).
le contexte des ragnagnas...
MAIS PUTAIN LE CONTEXTE DE CE CONNARD M'A LARGUÉ PAR TEXTO 6 MOIS PLUS TÔT !!! PAR TEXTO ///RHAAAÂÂLBÂTARD///CRI D'ÉTOUFFEMENT DE RAGE///

J'ai fermé les yeux. J'ai essayé de me concentrer très fort.

Et là, j'ai pris un cutter dans ma main droite. J'ai fait KRRRRR-KRRRR avec le bitonio pour faire sortir la lame. J'ai vérifié qu'elle était bien coupante. 

Et j'ai ouvert un carton. J'ai commencé à ranger mes livres sur les étagères par collection taille et éditeur. Juste dans le but de faire un truc, de mettre de l'ordre quelque part, de ne pas rester là à rien faire, connement comme si cette histoire de texto à la con envoyé par un ex à la con allait me paralyser.

Et puis... j'ai pleuré. Parfaitement. j'ai chialé cette putain de goutte qui a fait déborder le vase. Et qui du coup a appelé toutes ses copines, celles qui étaient dég' que Monsieur J. ne vienne pas, celles qui étaient fatiguée du déménagement, celles qui étaient là en intérim de la période lunaire... 
Tu sais, le genre de chialance de la mort incontrôlable qui est juste là pour vider le trop plein. je n'étais pas à ce moment là fondamentalement pleine de désespoir, mais j'ai quand même ordonné à mon cerveau de réfléchir à une bouée à laquelle me raccrocher. Vite. J'ai appelé Monsieur J. qui n'a pas décroché. Je lui envoyé un texto d'appel au secours.

*Il faut savoir que j'appelle très rarement au secours quand j'ai un vrai pet de travers. Ce qui a pour effet, contrairement à l'autre empaffé qui criait au loup, de marcher et que, du coup, en général, une fois sur un, on me porte assistance.*

Du coup, Monsieur J. qui est tellement, tellement formidable a tout compris tout de suite. Et il a volé à mon secours. En train. Je te la fait courte, mais de savoir que mon sauveur venait à moi pauvre petite princesse en détresse, ben ça les a quand même sacrément calmées ces abruties de larmes .

Et puis, coup de fil. C'est Madame C., ma meilleure pote qui m'appelle pour me dire qu'elle et son mari sont en route pour la soirée de l'ex et qu'on peut se retrouver dans tant de minutes en bas de chez moi vu que le lieu de la fête est quasi en face de chez moi. 

Je lui réponds avec une voix complètement pas assurée que je ne viendrai pas parce que 
a) je dois aller chercher Monsieur J. à la gare
b) Monsieur N. m'a encore envoyé un texto à la con qui a fait déborder le vase.

-"Ho putain, attend, bouge pas, je dis à B. d'aller à la soirée avant moi et je te rejoins chez toi."

*Le coup de l'amie toujours là comme un scout et le coup de la solidarité féminine de la pote qui comprends "putain c'est la chialance ultime" quand tu lui dis un pauvre "heu... chuis un peu patraque là en fait" me fera toujours kiffer. Parce que bon, elle a bien compris ma copine que j'étais en train de ravaler mes larmes de princesse pour essayer de lui faire croire que tout allait bien.*

Ma copine arrive. La moitié de mes livres étaient déballés et parfaitement rangés sur la moitié de mes étagères. Tous parfaitement rangés au carré devant moi entouré d'une pile de cartons vides qui auraient croisé un ouragan. Comme une preuve pitoyable que moi, j'assure, no matter what. Elle me rassure et me dit que non, je ne suis pas tarée d'être touchée par ce texto à la con, c'est un truc normal émotionnel de fille normale. 

*Ouais, elle est comme moi ma cop's, elle dit plein de gros mots. Ben si : émotionnel, pour moi c'est un gros mot, chuis désolée !*

Même si c'est un ex dont je n'ai plus rien à foutre, c'est quand même un ex. Qui va rouler des pelles à une autre meuf. Que je croyais que les relations longue-distance pour lui, c'est non merci vu qu'il se barre au pays des koalas...

-"Pis bon, il doit bien sentir aussi qu'il a un peu merdé là le Monsieur N., et si ça te dérange pas trop, je vais pas me priver de lui dire 2 mots !
- Pfff, m'en fous, fait comme tu veux. Mais sache qu'entre temps, je lui ai envoyé un texto de meuf trop cool qui prend la vie du bon côté et qui est bien occupée ce soir avec son pilier en route et qui du coup ne passera peut-être pas le voir.
-... Jane...
- quoi ?
-....Jane...
-J'ai merdé c'est ça ?
-Ben ouais ! comment veux-tu qu'il comprenne l'étendue de sa bourde si tu lui réponds pas fissa à quel point ça te met vénère ?!
-Rho mais ça va ! c'est un ex ! et je ne suis pas une meuf relou qui prend la tête ! c'est à lui de savoir un peu bien gérer, merdalafin !
-Mais comment veux-tu qu'il comprenne si tu la joues trop cool ? c'est quoi le but ? t'en n'as rien à foutre d'être relou, t'es plus sa meuf, et en plus il se barre !
-Ouais ben justement ! astalouégodelavista et bon débarras ! Non mais sans blague !"

Et pouf, je me suis refermée comme une huître. Je me suis comportée comme ça avec Monsieur N. parce que justement, pendant le temps (ridiculement court) où nous sommes "sortis ensembles" (pour reprendre ses termes), et bien... on n'a pas vraiment eu l'occasion de se connaître. Et par là, j'entends, par pure mauvaise foi, que Môssieur n'a pas vraiment pris la peine de chercher à me connaître. Vraiment je veux dire. À part le fait que j'adore les films pour meuf à la con, que j'ai les pieds froids, que je me suis faite opérée du dos à 29and à peine, que je parle et ronfle et retiens ma respiration quand je dors, que je fume, que j'aime le bleu et déteste le orange... et ben... Monsieur N. ne connaît pas grand chose de ma vie. Je veux dire ma vraie vie d'être humaine qui a vécu des trucs qu'on vit dans la vraie vie. Ou n'a pas cherché à connaître tout ça. Bon, ok, je n'ai pas vraiment non plus pris la peine de lui raconter.

*Oui, c'est bon, ça va, je sais, je suis un putain d'oignon à multiples couches, une huître qui ne s'ouvre qu'avec le bon couteau, une foutue brique dure dehors et toute vide dedans, prenez la métaphore que vous voudrez...*


Tout ça pour dire quoi ? Tout ça pour dire que oui, ok, son texto partait peut-être d'une bonne intention mais est complètement tombé à côté de la plaque. Mon amie s'en va lui tirer les bretelles et moi je m'en vais chercher mon sauveur à la gare de Lyon. Et pour conclure cette note de blog la plus longue du monde, après avoir reçu le dernier texto de Monsieur N. (qui ne comportait pas la moindre trace d'excuse et la formulation du souhait que ça lui ferait plaisir à lui que je vienne quand même trinquer à son départ...) et en avoir parlé la moitié de la nuit avec Monsieur J., il en ressort que :

-"Bon, c'est pas parce que je suis de ton côté ou quoi mais y'a un truc très simple dans la vie qui s'appelle l'empathie.
-c'est toi l'empaffé !
-Non, sérieusement, Jane !
-c'est quoi l'empathie ?
-c'est une truc qui fait que quand on dit quelque chose à quelqu'un, on anticipe un peu l'impact que ça va avoir sur elle et on peut comprendre ce que ça va lui faire.
-putain, encore un truc de meuf à la con. Faut que tu simplifies là...
-Ben en gros, si ce mec te connaissait un peu et savait par quoi tu étais passée avant, il aurait un peu mieux saisi à quel point ce texto, ex ou pas ex, allait te retourner la tête. Et ton petit cœur de brique en mousse.
-Ouais mais bon, elle a raison Mademoiselle C., ça partait d'une bonne intention ce texto, et pis j'avais mes ragnagnas, et pis Il me connait tellement pas Monsieur N., et pis je croyais que tu ne venais plus...
-Voilà, t'as tout compris, l'empathie c'est ça. C'est comprendre pourquoi les gens se comportent comme ils se comportent, sauf que là, c'est dans le mauvais sens que ça s'est passé, ça n'était pas à toi de faire ce chemin là, mais à lui de te l'éviter. Encore.


-Moralité : faut vraiment que j’apprenne les trucs de meuf relou et que je me mette à l'ouvrir !
-Moralité : faut vraiment que t'arrêtes les enfoirés affectifs ! ou que tu apprennes à les détecter !"

Ouais, ok, mais... et si, sur ce coup-là, c'était moi l'enfoirée affective ?!




____over and out____.


jAne.

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