samedi 7 décembre 2013

Merveille du quotidien # 12 : Alors, qu’est ce qu’on fait aujourd’hui ?


/// ATTENTION GROS WARNING SUR CETTE ( longue ) NOTE DE BLOG mais pas trop car je ne veux pas spoiler : contient des références anatomiques plus ou moins intimes de filles mais rien de sexuel. Car on y découvre à quel point nous les filles, on a du mérite et on n’est pas douillettes./// (tu ne pourras pas dire que je ne t’avais pas prévenu.)


Bon. Ca fait un bout de temps qu’on se connait maintenant toi et moi. Il est temps que je t’en raconte un peu plus sur moi. Comme tu le sais, je fais de la natation. J’en fais même trois fois par semaine, mais oui ! je te mets la race au 100m crawl quand tu veux !

Et donc forcément, pour le bien de mon chrono, pour le bien des personnes qui nagent derrière moi et pour le bien de ces apollons qui ont parfois le droit de partager brièvement ma vie, une fois par mois, je vais chez l’esthéticienne.

*Ça t’angoisse jamais toi quand tu vas à la piscine et que tu sais que t’es pas super bien défrichée ? Bon, je sais bien que la personne nageant derrière moi ne fait absolument pas gaffe à ça, mais quand même. Dans les vestiaires, ça mate. Et je suis désolée, mais des jambes de yéti ou pire, un frifri pas très bien défriché, ça le fait pas.*

Donc voilà. N’ayant encore jamais eu le courage, le temps ou les moyens de m’offrir une épilation définitive au laser, j’ai un abonnement mensuel dans une chaine d’instituts de beauté dont je tairai le nom tant qu’ils ne me sponsoriseront pas. Et donc une fois par mois, je vais me faire épiler par une professionnelle. Et pas que les demi-jambes.

Et c’est un grand moment. Parce que bon, ok, nous les filles, à partir d’un certain âge, on finit par s’habituer à montrer notre teucha à des gens autres que l’amour de notre vie. 

*Car oui oui, parfaitement, pure et vierge je resterai jusqu’à ma nuit de noces… *

*Comment ça je ne suis pas crédible ?! Fuck off !*

Le gynéco, le centre d’analyse, la sage-femme, ce fruit béni de nos entrailles si on a la chance d’accoucher par voie naturelle : soyons honnête, la foufounette d’une femme, à un moment donné, t’as limite l’impression que ça devient un magasin de curiosité…
Aujourd’hui, je vais te raconter ce qu’il se passe exactement quand tu vas voir l’esthéticienne pour te faire ce que l’on appelle communément une épilation du maillot.

Et dernièrement, j’ai décidé d’être un peu ouf et de tenter le brésilien. Pourquoi ? honnêtement, c’est parce qu’il y avait une promo affichée en grand derrière le comptoir de l’accueil et que je suis et resterai une victime de la société de consommation occidentale. Mais aussi parce que depuis le temps que j’en entends parler et vu que je manquais d’inspiration pour mon blog, j’ai décidé de me porter volontaire. Je me suis dis que ça serait drôle.

*Avec le recul, je me dis souvent que ce que je pense être drôle se révèle en fait une idée à la con.*

Jusqu’à présent, je me contentais d’un « maillot échancré ». Dans ce cas là, c’est plutôt soft : tu t’allonges sur la table sur le dos, la dadame te noue un mouchoir sur le devant de ta culotte pour la « centrer » (comprenez « révéler l’infâme toison qui dépasse de partout »), elle arrache vite fait bien fait ce qui dépasse sur les bords et zou, c’est fini.

Ce jour-là, j’arrive au comptoir, et la dadame m’accueille avec son traditionnel :

« - Alors, qu’est ce qu’on fait aujourd’hui ? »

*-Ben écoute, là j’ai juste besoin que tu me transformes mon maquis bordélique en toundra, mais après on pourrait aller se jeter un godet au café clochette nan ? ça fait un bail qu’on s’est pas vues ! Quoi de neuf ? *

- Bonjour ! heu… allez, un brésilien ! Dis-je en avisant le panneau des promotions.
- très bon choix, nous avons une promo en ce moment sur le brésilien !

*- C’est à dire que moi je suis plus branché australien…*

- Oui, j’ai vu !
- Vous voulez juste une bande ou un ticket de métro devant ? On fait les lèvres  ? On vous fait l’inter-fessier aussi ? c’est inclut dans l’prix !

*- Oh putain, c’est compliqué le brésilien !… les lèvres heu… la moustache ? et qu’entends-tu exactement par inter-fessier madame ? *

Et dans ces cas-là, comme socialement parlant, je ne suis pas douée, et que je ne tenais pas à ce que Dadame me fasse un exposé avec sa voix forte devant les autres meufs de l’accueil, j’ai répondu par un hésitant :
- … heu oui. 
- Très bien madame. KATYYYYYY ! UN BRÉSILIEN EN TICKET AVEC INTER-FESSIER POUR MADAME EN CABINE 2 ! »

*Merci Dadame, je suis sûre que toute la clientèle ici présente avait trop envie de savoir ce que la petite meuf en bleue allait se faire faire… Je me suis demandé d’ailleurs si Dadame n’était pas apparentée à Maryse du laboratoire des analyses du pipi…*

Et j’ai un peu commencé à prier ma bonne étoile, comme à chaque fois que je sens que je m’engage dans un galère…

Je vais en cabine 2 et j’attends la dénommée Katy qui va s’occuper de moi sur la table après m’être déshabillée du futal. Elle rentre.

-«  Bonjour, c’est pour un brésilien c’est ça ? »

* Tu déconnes là Katy ? Tout l’accueil est au courant que je suis sur le point de me taper un brésilien ! Il te faut quoi ? Un 4 par 3 dans le métro ? ATTENTION, SUITE À NOTRE SUPER PROMO, CE MATIN, JANE SE FAIT FAIRE UN BRESILIEN DANS LA CABINE 2 À 9H PRÉCISE ! WOOHOO !*

-« … Heu… oui…
- Ha par contre il faudra enlever la culotte. Je reviens dans une minute »

*Nan mais c’est bon Katy, tu vas m’épiler la teucha, de toute façon tu vas le voir mon frifri, t’es pas obligée de sortir pour que j’enlève ma culotte… ha ben si. Oh putain, j’ai peur… je veux pas enlever ma culotte…*

-« Alors, on va prendre la position de la grenouille s’il vous plait »

* Pardon ? *

- Heu… c’est à dire que c’est la première fois que je me fais faire un brésilien… »

*D’ailleurs, un brésilien je ne m’en suis jamais fait non plus. Ni un brésilien dans la position de la grenouille tiens ! *

Alors la grenouille, c’est simple, c’est comme la brasse avant de tendre les jambes, tu sais ? quand tu as les pieds qui se toutchent et les genoux pliés. Mais apparemment, ça parle à plus de gens la grenouille que la brasse…

Et là, Katy me balance sans trop de ménagement de la cire entre les jambes. Là où jamais aucune goutte de cire n’a séjourné avant. Là où mes petits poils poussaient tranquillement depuis ma puberté et n’avaient jusqu’ici jamais été emmerdés. JAMAIS . Appelons une chatte une chatte : sur la lèvre oui, parfaitement. Voilà.  C’est à ce moment là que le corps humain de la femme un genre de réflexe à la con qui fait que tu te retrouves avec de la cire plein la cuisse et une Katy pas très contente.

« - Mais enfin ! Qu’est ce qu’on fait là ?
- Ben je vous ai dit, c’est la première fois !
- Ha mais fallait le dire !
- Mais je vous l’ai dit ! Juste avant le coup de la brasse !
- Quelle brasse ?
- Oui, enfin, la grenouille ! Faut m’expliquer un peu quand même !
- Ha ! Bon alors, c’est pas grave hein, on se détend. C’est vrai que bon, vous avez de la chance, vous n’êtes pas très fournie de ce côté là, vous ne sentirez pas grand chose…

*Je te voyais venir avec ton air dégouté quand je parlais de mes poils pubiens de l’adolescence : c’est pas non plus la forêt vierge hein ! J’ai jamais rien eu qui dépassait du maillot et quand même, de temps en temps, nous les filles, on se refait une petit coupe hein. Enfin moi oui parce que sinon, ça me ferait des dreadlocks du frifri chuis sûre !*

- Bon, détendez-vous, ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Ça va aller très vite. »

*Ils disent tous ça la première fois…*

Et puis bon, une fois que la cire est posée et sèche…

SSSCCRRATCHHHHH !

*oh. Pu. Tain. Tu m’avais dis quoi déjà Katy ? Je ne suis pas très fournie je ne sentirai pas grand chose ? HEIN ?*

Je me souviens très bien du premier moment dans ma vie de grande personne où j’ai eu mal au point de pleurer en criant « maman ». C’était au réveil d’une opération de hernie discale : l’infirmière avait besoin de savoir si je pouvais bouger mes orteils avant de me balancer de la morphine pour être sûre que mon nerf sciatique n’avait pas été touché. Je suis tombée 3 fois dans les vapes avant de comprendre que bouger orteil = morphine = fini bobo.

Je me souviens très bien du deuxième moment dans ma vie de grande personne où j’ai eu mal au point de pleurer en criant « maman ». C’est quand Katy a arraché la bande de cire de la lèvre droite de mon frifri.

- « Et voilà ! vous voyez ? c’est pas si terrible. Le tout, c’est de ne pas trop se contracter et voilà ! »

Et là, j’ai eu envie de la traiter Katy. J’ai eu envie de traiter l’inventeur de la cire chaude, celui du maillot de bain échancré, le pubar qui a décrété que « les poils c’est motche »,  notre mère la terre qui a décidé qu’un homo sapiens sapiens, ça avait encore besoin de poils pubiens.
J’ai eu envie de me traiter moi, putain de victime de la société occidentale, avec mon idée à la con de « tiens ! et si je me faisais un brésilien pour voir ? »

*Ha ben voilà. Tu le voulais tu l’as eu ! Et dis moi un peu Katy, entre nous là… COMMENT TU VEUX QUE JE ME DÉTENDE UN PEU HEIN ? T’AS LES MAINS DANS MON INTIMITÉ QU’EST CENSÉE ÊTRE RÉSERVÉE À L’AMOUR DE MA VIE DE MA NUIT DE NOCE, AVEC DE LA CIRE CHAUDE. T’AS UNE IDÉE DE LA DERNIÈRE FOIS OÙ M’ON M’A TITILLÉ LE FRIFRI ? HEIN ? TU LES VOIS PAS LES PUTAINS DE TOILES D’ARAIGNÉES ? TU CROIS QUE QUOI ? QUE JE ME FAIS TOUNDRISER LA TEUCHA POUR L’ÊTRE AIMÉ ? POUR FACILITER LE BOULOT DE MA GYNÉCO ? HEIN ? *

Mais bon. Forcément, comme je ne suis pas très sociable, je me suis contentée d’un « heu… oui…». 

Et le vrai drame dans tout ça, c’est que quand tu commences à te faire ratiboiser le frifri, tu ne peux pas vraiment dire que tu as changé d’avis à un huitième du parcours. C’est un peu comme dire à ta coiffeuse que tu as changé d’avis à la moitié de ton carré court… Ben ouais, t’as l’air con. Et puis, même si je te l’accorde, personne ne le verra, toi, à chaque fois que tu marcheras, t’assoiras, nageras, te doutcheras, tu le sentiras bien que t’es pas finie du frifri.

J’ai donc pris une grande inchpirchme et j’ai laissé à Katy le soin de me finir. Parce qu’elle m’a bien fini, ça oui. À la pince à épiler. Tu crois que c’est bizarre qu’elle te mette de la cire à cet endroit Katy ? Attends qu’elle penche sa délicate tête décolorée d’esthéticienne à 5 cm de ton frifri pour te finir à la putain pince à épiler… En te parlant l’air de rien de la pluie et du beau temps. Comme si c’était hyper naturel pour toi de parler à… ben de parler à ta chatte en fait ! tout simplement ! Entre nous, j’ai été super contente d’aller chez l’esthéticienne juste avant le taf, juste après ma doutche.

*Non mais franchement, c’est pas un boulot facile esthéticienne…*

Au final, je me suis retrouvée avec une bande de poils ridiculement étroite sur le devant. Ticket de métro mon cul ouais !  ça doit être comme le coup de la grenouille, je dois pas parler comme tout le monde. Ticket de métro en fait, ça veut plutôt dire « la bande magnétique du ticket de métro ». Mais c’est trop long alors ils ont raccourci en louzdé ces bâtards.
Et tu crois que c’est fini toi ? Non point ! Rappelle-toi ce qu’elle m’a demandé Dadame à l’accueil :

flash-back au comptoir d’accueil : 

«- On vous fait l’inter-fessier aussi ? c’est inclut dans l’prix ! 
- heu… oui.»
 Donc tout naturellement, Katy me dit :

« - Alors, pour l’inter-fessier, on va se retourner et va écarter ses fesses avec ses mains
- … heu… oui… »

*Ha ouais ! t’as raison Katy, on va faire ça ! toi et moi, ça sera chouette, je nous imagine bien toutes les deux comme deux connes avec nos mains sur nos fesses : Allez, tous ensemble, on se retourne et on s’écarte le cul ! woohoo ! ouais ! et on garde le rythme !*

Mon dieu maman… Donc l’inter-fessier, tu l’auras compris, tu te retrouves comme une conne avec la face dans la table d’épilation parce que t’as les mains occupées à… voilà voilà. Avec… ? avec de la cire autour de ton trou de balle pour un dernier scratch.

*Non mais sans déconner ? on a des poils jusque là ?   o_O   *

« - Ha ben en fait, on aurait pu s’en passer de l’inter-fessier ! regardez, j’ai rien sur la bande ! »

*Ha ben oui tiens, montre moi la bande, j’en mourais d’envie Katy ! JE SAIS, ON VA MÊME L’AFFICHER À L’ACCUEIL TIENS PENDANT QU’ON Y EST !*


Ma vie a jusqu’à présent été parsemée de grands moments de solitude. Mais je dois dire que là, je me suis surpassée. Ça a beau se passer dans l’intimité d’un salon d’épilation, j’ai quand même dû bien faire marrer la cliente de la cabine d’à côté… 

Je suis donc allée au boulot ce matin là, avec « j’ai 10 ans » d’Alain Souchon dans la tête… sic.

-«  Salut jAne !
- Salut, ça va ?
- Ouais et toi ?
- Ça va !
- T’es sûre ? tu marches bizarrement ! tu t’es fait mal ? »

*   maman…       T_T      *


Allez, bisous, bon weekend !



____over ant outch____


jAne.

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