mercredi 29 janvier 2014

Meveille du Quotidien #14 : Quand La Vie Fait De La Merde.

Hey mais salut ! la bonne année bien cher lecteur !

Comme tu dois t’en douter, me remettre à l’écriture assidue de notes de blog est une résolution que j’ai oubliée en 2013. Mais il y a peu, je l’ai retrouvée, alors bon, youpla boum.

Et pourquoi je l’avais perdue ? Et bien je ne sais pas trop à vrai dire. Je ne m’ennuie pas particulièrement en ce moment, mais c’est juste que je me suis tapé un blues de la note kiffante. Tu te rappelles l’histoire de l'épilation ? Cette note de blog a battu tous mes records de pages visitées. Cette note m’a tellement fait marrer. Alors après ça, je ne savais plus quoi écrire. Quel sujet aborder ? Retrouverai-je un jour ce ton si particulier qui m’habite lors de ces moments si précieux ?

*Ouais, on peut ne pas être écrivain et se taper une crise existensielle de l’écriture.*

Oui. je le retrouverai. Mais comme ce n’est pas tous les jours que je me fais épiler le frifri pour la première fois, autant assumer les jours où la vie fait de la merde. Ceux où ton corps fait du n’imp. Où ton esprit fait du caca.

Tu vois bien de quoi je parle hein ? Bon. Et comme, pour moi, le chemin menant à la note de blog au mojo de ouf passe par des best of, je suis sage et fais tout pour que ça ro-marche.

Voici donc après une introduction fort laborieuse, je te l’accorde, le best of de «quand la vie fait de la merde». Moments qui, une fois mis bout à bout peuvent devenir une journée cauchemardesque.

*Mais ne t’en fait point, les faits relatés ci-dessous ne me sont pas arrivés le même jour. Je donne suffisament de bon karma à mon étoile pour ne pas cumuler les combos désastreux.*

#1 QLVFDLM : bip bip bip fait le réveil, ronfle l’humain.

J’ai ouvert les yeux 4 minutes avant la sonnerie de mon réveil. J’ai traité mes yeux et me suis concentrée pour retrouver mon rêve et mon sommeil pour ces quatre putains de minutes de sommeil que je ne retrouverai jamais.

*JAMAIS*

Je me suis rendormie. Et là, ce fut le drame. Ne jamais, au grand JAMAIS lutter contre ton horloge interne. Parce que mon corps, ce gros bâtard, s’est dit : «Cool, on peut re dormir. Marcel, programme un nouveau cycle de sommeil, on relance la machine !». Même ton chat y croit et t’accompagne de son doux ronron.

Et là, que se passe-t-il ? Tu te réveilles 4 minutes après au son des infos de radio classique, te rendors, te re-réveilles à ta sonnerie de secours N°1 de ton téléphone, te re-rendors, te re-réveilles à ta sonnerie de secours N°2 de ton téléphone. Tu finis péniblement par t’extirper du lit après une demi-heure de lutte interne que tu as passée à calculer combien de temps tu peux gagner si tu ne te maquilles pas et que tu te fais un café à emporter et un croissant chopé à la boulange. Une demi-heure de stress à te réveiller en sursaut aux sonneries de rappel avec ce cri silencieux de ton cerveau «OH PUTAIN JANE, T’AS LOUPE TON REVEIL ! HA NAN C’EST BON, C’EST LA SONNERIE DE SECOURS!».

Bref, le meilleur moyen pour avoir ta tête profondément enfouie dans ton anus. C’est sa façon de te faire payer le doigt que tu as eu l’honneur de faire à ton horloge interne.

#2 QLVFDLM : J’ai oublié la batterie de mon vélo dans l’appart.

Tant bien que mal, Après avoir choisi de consacrer 5 minutes à assortir mes fringues entre elles plutôt que de foutre de l’anti-cernes.

*Ce qui est profondément débile : de toute façon, TOUTES mes fringues étant bleues, elle vont forcément être assorties, par contre mes cernes vertes, elles, jurent un peu avec mon teint gris*

Je sors de chez moi en enfilant mon manteau et mon sac.

*Mais putain, pourquoi ça ne passe pas ? ha... j’ai mis le sac avant le manteau...*

J’arrive dans ma cour d’immeuble, décroche mon vélo et mets la clefs dans le contact de la batterie.

Kling !

Comment ça Kling ? Pourquoi kling ? qu’est ce qu’elles foutent par terre mes clefs ? Ha. Merde. J’ai laissé ma batterie au bout du chargeur dans l’appart. OH PUTAIN MERDEUUUUUUH J’OUBLIE MA PUTAIN DE BATTERIE DANS L’APPART !

J’ai 8km à faire pour arriver au bureau, une réu en fin de matinée et la rue Saint Jacques à grimper, j’ai 30 ans, il est hors de question que je le fasse sans assistance électrique.

Mais le vrai drame, c’est que j’habite au 6ème étage. Sans putain d’ascenseur. Je regarde le ciel et traite mentalement ma bonne étoile.

Je regarde mon vélo, me résigne,  remonte, je prends ma batterie, je redescends. Je pue. Et merde, j’ai oublié de mettre du déo je crois bien.

#3 QLVFDLM : la phrase qui tue en réunion de chantier.

Tu es jeune. Tu es chargée du suivi de chantier et justement, c’est l’heure de la réunion avec les entreprises. Soyons clairs, étant une fille, il est souvent d’usage de subir un traitement «particulier» quand tu te trouves sur un chantier ou face à des BET. Et quand je dis «particulier», ça veut aussi bien dire en bien qu’en mal.

Et en l’occurence, sur ce chantier là, les entrepreneurs commençaient sérieusement à m’endormir. Genre c’est jamais de sa faute au pauvre petit. Et il commençait sérieusemenr à me les briser en commençant toutes les phrases par des «nan mais c’est parce que là...» quand je leur demandais pourquoi j’avais encore 32 réserves sur l’appartement N°15. Certes, je suis une fille mais mec, me la fait pas à l’envers, le carrelage de la salle d’eau, il aurait dû être fini la semaine dernière. Et je sais que la livraison s’est faite en temps et en heure et en bonne quantité, c’est moi qui l’ai passée pour pas que tu nous fasses croire que «nan mais tu comprends, c’est parce que là, c’est la faute au fournisseur»

*C’est DE la faute DU fournisseur*

Donc, arrivée à la fin de la visite, quand a commencé son énième «nan mais», j’ai pensé très fort :

*MAIS CA SUFFIT UN PEU AVEC TES «NAN MAIS» LÀ ! NAN MAIS TU NE VEUX PAS QUE JE TE TIENNE LA BITE AUSSI QUAND TU PISSES ? NAN MAIS PUTAIN !*

Un gros silence me fit lever les yeux de ma feuille de notes. L’entrepreneur me regardait avec des yeux écarquillés et l’ouvrier qui était à ses côtés avait la machoire inférieure au niveau des genoux.

- «Ben quoi ?
- Heu... Bien madame, on est désolés, on va finir le carrelage, ce soir promis c’est fait, je t’envoie la photo.
- Heu... ok»

*- Waou, mais qu’est qui vient de se passer là ? 
- Bah t’as pensé tout haut. 
- HEIN ? 
- Ben ouais. ta réflexion avec la bite, tu l’as pensée et dite à haute voix. 
- NON !
- Si. 
- Oh merde...*

Comme quoi une tête dans le cul et ton cerveau qui oublie de mettre ta boutche en mode mute, ça peut t’amener du bon. Je n’ai eu, par la suite, que de bonnes raisons pour expliquer ces putains de retards sur mon chantier.

#4 QLVFDLM : Le suicidé du métro.

Parle de lui même, pas la peine d’épiloguer, ça me fera 20 minutes de plus à regarder la vie sur un banc parisien en attendant que les quais de la 1 redeviennent praticables et 20 minutes de moins devant un écran d’ordinateur qui me donne ce si joli teint vert.

#5 QLVFDLM : La bruine de la fin de journée.

Me voilà enfin arrivée à la fin de ma journée de travail. Que dis-je ? de ma semaine ! ce fut dur, mais l’honneur est sauf et j’ai réussi à assurer un minimum. Je prends mon vélo pour rejoindre une copine pour un verre de vin bien mérité.
Parce que oui, les jours où la vie fait de la merde, c’est n’est pas que de ta faute complètement. Il faut bien que les éléments s’y mettent un peu sinon c’pas drôle. Et là, le ciel qui te promettait depuis ce matin une météo pas franchement youplaboum se décide juste quand tu sors à faire tomber un peu quelque chose. Pas de la vraie pluie non, ce serait trop simple d’être protégée avec ta cape à vélo. Non. Les jours où la vie fait de la merde, le ciel, y fait tomber des micro gouttes qui, parce qu’elles sont légères sont portées par les courants d’airs de la ville et font se foutre PAR DESSOUS ta caputche SUR tes lunettes / ta face. AKA la bruine. 

*Et bien sûr, ça te fait un espèce de masque de pollution parisienne sur ta face.*

Et ces jours là, bizarrement, je n’en peux plus de cette putain de bruine à la con qui me fait des frisottis. C’est toujours le même rituel : je lève la tête. Je constate que le ciel est uniformément blanc genre si tu prenais l’outil baguette madgique de photoshop, tu pourrais d’un coup sélectionner tout le blanc, le supprimer et le remplacer par du bleu. Je compte mentalement depuis combien de temps je n’ai pas vu un bout de ciel bleu. Je me dis qu’au moins, il ne pleut pas, c’est déjà ça. Au moment où je me dis ça, la bruine, cette connasse, commence. je traite mentalement le ciel. La bruine se transforme en petit crachin qui va défitivement faire foirer ma frange et imbiber juste ce qu’il faut mon manteau. Je traite le ciel à haute voix. Je choque la gardienne d’immeuble qui sort les poubelles.

#6 QLVFDLM : La dégaine du chien mouillé.

Voilà, j’ai traversé tout Paris sous une bruine de merde. Et j’ai à peu près autant de sexe appeal qu’un bichon avant séchage. Et je dois rejoindre Mademoiselle L. dans notre QG pour aller boire dîner. Et à notre QG, y’a un homme derrière le bar. 

*Oui, un barman si tu veux.*

Et nous avons pour habitude de nous installer au comptoir afin de profiter de la présence dudit barman. Barman qui n’est pas dégueu, tu l’auras bien compris. Et comment dire heuuu... Ok, je ne suis pas vraiment une vraie fille à proprement parler, mais quand même. Une espèce d’instinct de survie de princesse m’empêche de me montrer sous mon jour «architecte bichon frisé mouillé qui a passé sa journée sur un chantier» devant Barman. Comprends-moi bien, il ne s’agit pas forcément de lui mettre le grappin dessus à ce barman. Comme la plupart des barmen, ce qui l’intéresse surtout dans ces visages qu’il voit derrière le comptoir, c’est le reflet de sa propre personne. Donc, appelle ça comme tu veux, de la coquetterie, du sauvage de l’honneur de représenter la race féminine parisienne qui ne peut pas se montrer en public en mode bichon frisé. Il y a bien des jours où je m’en fous, mais pas aujourd’hui. J’y crois à mort, il faut que j’arrive à finir cette journée de merde par une petite victoire personnelle.

TOUT CA pour dire que je repasse par chez moi en prévenant ma partenaire de comptoir que j’aurai 32 minutes de retard. Je re-re monte mes putains de 6 étages. slalomme entre le chat, les 5 paires de chaussures pas rangées dans l’entrée, la poubelle à sortir et le porte-manteau. Je saute dans la doutche, me doutche, me sètche. Je me rhabille et passe à la phase maquillage. Pfffff... se maquiller un jour où la vie fait de la merde, la bonne idée du jour tiens. Car oui, forcément aujourd’hui, ce n’est même pas la peine d’esayer de se foutre de l’eye-liner parce que de toute façon, tu ne réussiras pas à le faire pareil des deux côtés. Et ton mascara, pareil. Il va te froutre plein de gros patés sur les paupières. Bon bon. Je lutte et arrive à quelque chose de simple et efficace (merci la génétique de m’avoir dotée d’un regard de husky, c’est déjà une vistoire sur le bichon mouillé). Puis les cheveux. A trente ans, tu commences à savoir que, un jour humide, laisse tomber le brushing et mise plutôt sur les tresses croisées façon Guertroudeu VonDerDicheu.

Et là, miracle. Y’a un être humain dans le miroir. Incroyable. Limite je ferais bien une petite danse de la victoire. PIF PAF POUF, je redescends, renfouche ma bécanne et zou ! 

*je ne reconnais plus personne en Harley Davidson, alllez hop on y va, en route pour l’aventure Tanananaaaaaa !*

#7 (et dernier) QLVFDLM : epic final fail.

J’arrive au bar, ma comparse est là, le vin, 2 verres et un tabouret libre n’attendent que moi pour jouir de la vue sur le barman.

*Je commence à croire que ma bonne étoile est revenue de vacances*

On boit, on papote, on rigole, on re boit, on mange, on blague avec le barman. Quand soudain, le voilà qui se plante face à nous avec un petite sourire miaouesque et se penche vers nous en nous disant :

- «Mais dites-moi les filles, vu que vous êtes des habituées maintenant, je peux vous poser une question ?
- huhu mais ouiiiiii Barman !
- Ca fait longtemps que vous êtes en couple ?»

*Je ne sais pas pourquoi, mentalement, j’ai eu l’impression de redevenir un bichon mouillé*

- «Heu... Pardon ???
- Bah ouais. Vous êtes bien en couple ?
- heu... non.
- ha...
- Mais enfin Barman ! d’où tu crois qu’on est en couple ? 
- Bah chaipas, vous venez toujours rien que toutes les deux, j’ai jamais vu l’une sans l’autre ni même l’une avec quelqu’un d’autre. Vous avez les même gestuelles à force de rester ensemble, on dirait vraiment un gentil petit couple, vous êtes chou. En plus, jamais l’une de vous ne matte autour. Même pas moi, c’est dire !»

Ok. OKAY. Donc depuis tous ce temps que je fatigue à essayer d’en savoir plus sur le mystérieux Barman genre subtile technique d’approche, en fait nan. Cette espèce de petite complicité légère et fort sympathique, c’était juste parce qu’on s’étaient faites lesbienne zonées par Barman. Je suis donc toujours complètement incompétente en ce qui concerne la drague. Mais heureusement, je suis vachement forte pour assumer le ridicule, vu la pratique que j’ai. Je songe déjà une petite répartie. C’est là que ma pote a sorti :

- «Nan mais en plus, laisse tomber, moi je ne tiendrais pas une semaine avec elle ! Déjà qu’elle n’est pas toute seule dans sa tête, en plus elle change d’homme de sa vie comme de chemise, j’ai du mal à suivre ! c’est pour ça que je la vois si souvent, pour les mises à jour !»

Donc voilà. Je suis passée de lesbienne en couple à une espèce d’overly attached Marie-couche-toi-là schizophrène. Je crois que c’est mort pour pécho le barman qui a simultanément haussé les sourcils en regardant vers le bas en essuyant un verre à pied déjà sec. J’ai lancé un regard garfieldesque à ma pote.

- «Bah quoi ? c’est drôle non ?!»

*TROP drôle. Tu vois pas là ? C’est ma tête de bichon mouillé mort de rire.*

Bon allez. Je rends les armes. Fais péter les kaïpis Barman. En plus d’être une overly attached Marie-Couche-toi-là shizophrène, ma pote a oublié de te dire que je suis alcoolique.


____over and out____.


jAne.

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