dimanche 23 décembre 2012

Merveille du Quotidien # 9 : PÈTE TON CABLE.


Bon. J'avais dit que je postais rien avant un nouvel abonné ici ou un like en plus sur facebook, mais rien. Devant ce flop monumental, je ne vais quand même pas laisser mes fidèles lecteurs dans le désaroi le plus total, je vais quand même vous poster un petit quelque chose que j'ai ressorti du fond de mon disque dur. Et vais soigner mon ego meurtri à coup de fruits déguisés de mémée dans le sud.
(et oui, je m'y prends à l'arrache, cette note n'est pas passée par mon dévoué correcteur, donc forcément, y'a des fautes qui trainent...).

Et HO-Ho-HO
Joyeux Noël les gars !



Un soir, il y a à peu près un certain temps il m'est arrivé un truc. Le genre de truc qui te fait dire "ptain mais heureusement que c'était pas demain à l'heure de pointe quoi ! t'imagines ?! ".
Je t'explique...

Je rentrais du cinéma, de nuit, tard un mercredi soir à vélo forcément. Et en plein milieu du rond point de colonel fabien, mes pédales se bloquent et ma roue arrière refuse catégoriquement de faire son boulot de roue qui roule quand j'actionne les pédales. 
En plein milieu du rond point, alors que je me rabattais vers la droite pour tourner.
Ce qui à donné un enchainement de figures assez acrobatiques de rattrapage de dérapage pour le coup complètement incontrôlé et de perte d'équilibre dû à un arrêt brusque. Le ouf de l'histoire, c'est qu'il était minuit quarante , et qu'à c't'heure, y'avait no voiture sur le rond point.

PTAIN MAIS HEUREUSEMENT QUE C'ÉTAIT PAS DEMAIN À L'HEURE DE POINTE QUOI ! T'IMAGINES ?!

*vision d'horreur d'un gros camion qui me fonce dessus*  (maman, ne panique pas, je te jure le vélo à Paris, c'pas si dangereux que ça).

Et là, à minuit quarante, quand t'es coincée à colonel fabien, à 2km de chez toi, tu tentes quand même de voir si les dégâts sont réparables, parce que merde, il est minuit quarante et que jamais un taxi prendra une course pour 2km ... donc tu prends une bonne rechpirchme et tu te démerdes pour :

1_ dégager de la route, parce que bon, même si y'a pas une caisse à l'horizon, faut ptêt pas tirer sur la bonne étoile.
2_ tenter d'évaluer l'ampleur des dégâts (en talon hauts).
3_ te maudire d'avoir mis ces chaussures (tu repenses au moment ou tu as changé de sac et de pompes juste avant de partir en te disant "nan mais c'est bon, je suis à vélo, je vais pas marcher et ces chaussures-là sont quand même vachement mieux assorties à ce sac-là".
4_ chercher désespérément ta clef à molette que tu gardes toujours sur toi, avec une minie pompe à vélo parce que t'es vraiment une cycliste trop prévoyante.
5_ bloquer 2 minutes (zoom de la caméra sur le haut de ta figure ébahie) en te rappelant qu'au moment où tu as changé de sac à la dernière minute, en plus du truc sur tes pompes, tu t'es aussi dit "nan mais c'est bon, le MK2 il est pas loin, et mon vélo roule bien, j'aurai pas besoin du kit d'urgence qui te toute façon prend vachement trop de place dans ce sac-là qui va si bien avec ces chaussures-là".

comme je l'ai déjà dit, faut pas trop tirer sur la bonne étoile. Elle te sauve d'un accident de vélo, elle va pas en plus t'amener une clef à molette à minuit quarante sur le rond point du colonel Fabien. Ni un taxi.

*Et puis d'abord, c'est qui le Colonel Fabien ?*

Enfin bref, en gros, tu te rends comptes que sans ta clef madgique, 

*it's a kind of madgic (ouais, moi aussi j'ai toujours it's a kind of madgic de queen dans la tête quand je mets un d en trop à magique)*

ben tu peux pas démonter ton frein arrière. Et que si tu peux pas démonter ton frein arrière, tu peux pas débloquer la roue, parce qu'entre temps, tu t'es rendue compte que ce qui bloque la roue, c'est un des patins du frein arrière qui appuie contre la roue parce que le câble a lâché. Et bien sûr, le câble, il a lâché que d'un côté, donc ta roue, elle est complètement bloquée par le cadre parce que comme le câble a lâché, le patin pas cassé, il t'appuies à mort ta roue, mais que d'un côté. Et des mâchoires de freins de vélo, mine de rien, ça mord bien quand même. CRAP.
 Alors bon, ouais, moi aussi, je me suis dis "nan mais si c'est juste ça, ça va, faut juste forcer à mort et ça roulera quand même !".
Non.
T'as beau mettre tout ton poids sur la pédale, la roue elle te nargue en te disant "NAN, J'AVANCERAI PÔ !" comme un gamin de 3 ans qui veut plus marcher et fait le mort au bout de ton bras en plein milieu du passage clouté parce que tu lui a pas pris des carambars à la boulange.
Bon.
Et là, tu reprends une autre bonne rechpirchme et tu analyses la situation. Ton cerveau hyper développé d'homo sapiens sapiens 2.0 arrive à 3 options :

1_tu rentres à pieds (facile, c'est rien 2 km!) en soulevant la selle (et donc la roue arrière) parce que cette connasse n'a pas eu son carambar.
2_tu vas toquer au seul bar PMU encore ouvert de l'angle juste là pour voir s'ils n'ont pas une clef à molette.
3_tu accroches ton vélo jusqu'à demain et tu rentres en métro...

Les quelques mètres que j'ai parcourus pour aller mettre le vélo sur le terre plein central du boulevard de la villette m'a permis d'éliminer de suite l'option 1 (parce que bon, faut pas se leurrer, je viens de passer 2 heures devant Time out en me disant "mais putain comment elle peut courir comme ça avec des platform shoes de 20 cm Amanda Seyfried ?!" alors moi, mes petits talons, mes 2km et cette putain de roue arrière à bout de bras, no way.).
Le coup d'œil jeté en passant à travers la vitrine crasseuse du bar PMU m'a conduit à éliminer l'option 2. A moins que ce soit le coup d'oeil que m'a jeté le mec qui essuyait un verre derrière son comptoir (si si, je te jure, le mec, il essuyait un verre à pied derrière son comptoir avec un torchon comme dans les films où y'a un mec derrière un comptoir. Si j'avais vu passer un chat, c'est sûr, il aurait miaulé en marchant comme tous les chats dans la vraie vie des films.).

Je me suis donc résignée à aller accrocher ma petite jeannette (c'est mon vélo jeannette) au bidule à vélo à côté d'un magnifique vélo hollandais sans roue arrière, ni selle et d'un VTT à la roue avant complètement tordue.
J'ai regardé au loin du bout du boulevard en direction de mon chez-moi.
J'ai regardé jeannette.
J'ai regardé les cadavres de vélos.
J'ai re-regardé vers chez moi.
J'ai re-regardé Jeannette.
J'ai regardé mes chaussures...
J'ai regardé le PMU glauque...
J'ai sous-pesé la selle qui boude...
J'ai re-regardé mes chaussures...
Et j'ai finalement regardé au ciel, vers ma bonne étoile mais pas trop non plus en lui demandant de bien prendre soin de mon ptit précieux bike en me résolvant à l'attacher.

Et là, j'ai eu une épiphanie.

En regardant au ciel, je l'ai aperçue très clairement, toute blanche sur le fond noir de la nuit noire 

*obscure et sombre, isabelle s'est cognée contreuh les murs, les murs, les muuuuurs...*

L'horloge lumineuse qui me montrait comme ça tranquillement l'air de rien QUE PUTAIN IL ÉTAIT UNE HEURE TROIS DU MATIN !!! et OH PUTAIN MAIS Y'EN A ENCORE DES MÉTROS À CETTE HEURE CI ??? et aussi OH MERDMERDMERDEUUH J'AI PLUS DE TICKETS PASKE J'AI REFILÉ MON DERNIER À ISA DANS LE BUS L'AUTRE SOIR POUR LA DÉPANNER RRHHHAAAAÂÂÂÂ ...

j'ai un peu hésité à traiter ma bonne étoile. Mais à la place, j'ai couru vers le métro (ouf, la grille n'était pas encore fermée), je me suis jetée sur la première machine à ticket, j'ai touché l'écran qui m'a alors dit de mettre mon pass navigo ici. RAH MAIS PUTAIN J'AI PAS DE PASS NAVIGO J'AI JUSTE UN PUTAIN DE VÉLO QUI BOUDE D'AVOIR PAS EU SON CARAMBAR !!!!

-"heu...c'est ici les machines sans pass navigo mademoiselle..."

Je me suis donc encore une fois tapé la fiche parce que j'ai insulté une machine à voix haute à proximité d'un humain normal qui ne vit pas seul avec son chat et est entendant. 

*Ouais, c'est pas la première fois que ça m'arrive ce genre de truc, un jour je ferai une note là-dessus peut-être...*

Je me suis jetée sur l'autre machine, ai touché l'écran plein de fois là, là et là, introduit ma carte, lui ai dit que non putain je veux pas de reçu, et attendu pendant au moins 15 minutes les 10 tickets de métro/bus/RERdansParis (ouais bon, ptêt pas 15 minute, mais c'est pour l'effet dramatique). Bien sûr c'est ce soir là que le tourniquet avait été pas complètement tourné jusqu'à la fin par la personne d'avant et donc j'ai du attendre que la personne entendante du guichet revienne derrière son guichet pour qu'elle me débloque le tourniquet. j'ai marché jusqu'au quai, parce que bon merde, faut pas déconner, moi je cours jamais dans le métro, JAMAIS ! 

*non mais attends, moi je ne suis pas une parisienne à la con stressée de louper 3 minutes de sa vie à attendre le métro suivant*

Non.
 En fait c'pas vrai, j'ai un peu couru quand même. Enfin j'ai marché vite quoi parce que bon, là c'était pas une histoire de 3 minutes de vie perdues, c'était louper le dernier métro et rentrer à pieds avec des chaussures à la con assorties à mon sac à la con trop petit pour un kit de survie de la parfaite cycliste parisienne à la con à une heure du mat sur le boulevard de la villette.

Je suis arrivée sur le quai qui affichait tranquillement 2 minutes d'attente avant la FIN DE SERVICE. j'ai regardé à gauche ; j'ai regardé à droite ; j'ai regardé en l'air vers ma bonne étoile et j'ai fait une espèce de mouvement victorieux d'écartement simultané des bras et des jambes (les index bien en l'air) en poussant un mini "AHHA" de victoire en rigolant à la face du destin. J'ai regardé à droite et je me suis encore une fois tapé la honte devant un humain entendant et en plus voyant qui descendait les marches d'accès au quai tranquillement, sans se presser 

*ouais, parfaitement, comme Zorro*

Je suis rentrée chez moi sans encombres. Et ce matin, Jeannette m'attendait tranquillement, sans rien de cadavérique, même qu'elle avait des potes à côté d'elle pas du tout amputés. Même que dans la journée, elle a été réparée, et qu'elle a même eu droit à une révision complète au passage.

Et un carambar au caramel. (bon, ok, le carambar, c'est moi qui l'ai mangé en fait.)


____over and out____.

jAne.

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