Ça commence comme un film d'horreur pour teenagers, ça finit comme dans la vraie vie : en lose.
*Parce que non, je suis désolée mais dans la vraie vie, comme y'a pas de chef op' pour doser la bonne lumière, pas de scénariste pour te faire dire ce qu'il faut, pas de réal' pour te faire agir comme il faut au pile poil bon moment, forcément, ça foire. C'est bon, t'es bien assis ? c'est parti.*
J'étais jeune, c'était l'été, j'étais étudiante et en vacances avec des potes à la mer. On décide d'aller à la plage. C'était un jour de grand vent mais Ô joie, notre petite crique secrète était quand même accessible.
*Parce que parfois, les pompiers ferment l'accès depuis la forêt et c'est très décevant. Bon, heureusement, ils mettent que des pommiers cute là bas donc on leur pardonne.*
Nous étions 6 :
- Votre dévouée jAne, alors âgée de 23 ans, bonne nageuse et habituée de la région.
- Mademoiselle J., amie d'enfance de jAne, alors agée de 21 ans, bonne nageuse mais tête brûlée, aussi habituée de la région.
- Monsieur D., ex et néanmoins ami de jAne venu en week-end la voir. Touriste.
*Ok, et peut-être surveiller la concurrence par réflexe de mâle alpha ayant du mal à laisser les autres utiliser son jouet.*
- Monsieur R., objet du désir de jAne. Touriste, assez mauvais nageur et susceptible.
*Objet du désir c'est peu dire. Ce mec, je le voulais. Il fallait que je l'aie. Ok, j'étais jeune, je ne savais pas encore très bien doser. C'était avant la MAj 2.0 (MAj = Mise A jAne of course).*
- Monsieur et Madame chéris : couple d'amis de jAne qui ne s'appellent jamais par leur vrais prénoms venus en vacances à la mer. Donc touristes aussi. Et vu le degré de fusion de Monsieur et Madame Chéris, en fait on pourrait presque dire qu'on était 5 et non 6.
Nous étions jeunes, nous étions beaux, libres et insouciants. Enfin ils étaient. Parce que soyons honnêtes, moi je suis carrément plus bonnasse maintenant et, depuis que j'ai quitté le monde merveilleux de l'enfance, je n'ai plus jamais été insouciante. mon truc à moi c'est de ne jamais perdre le contrôle.
*Enfin j'essaie quoi. Oui, ça foire à chaque fois. ET ALORS ? je te ferais dire que si je n'essayais pas de garder le contrôle tout le temps, ça ne foirerait jamais et du coup, j'aurais rien à raconter alors museau ! Non mais sans blague !*
Donc nous voilà en route avec maillots, palmes, masques, tubas, serviettes, crème solaire, de l'eau, des grignoteries et nos baskets. parce que pour accéder à la dite crique, il faut se taper un peu d'escalade sur une presque falaise qui mène à la crique qui est vraiment vraiiiiiiiment tout loin en bas là-bas en mode si t'as pas de baskets et ton bordel dans un sac à dos, c'est galère. Ce n'est pas le genre de plage où tu vas finger in the noze nan. C'est une vraie mission, ça se mérite et je ne comprends toujours pas pourquoi ils ont été foutre des putains de panneaux indicateurs qui font qu'on doit se taper plein de touristes à la con.
*Ouais, un peu comme le bouquin "the beach" quoi. Mais en France et dans la vraie vie. (et sans Virginie Ledoyen, la lose dixit le correcteur). Certes, ça peut sembler moins exotique. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a hein !*
On arrive, on est contents. Le but de l'opération c'était de nager jusqu'au rocher au milieu de la crique (à peu près à 350m de la plage si j'en crois googlemaps) et d'en sauter (ça doit culminer à 3m au dessus du niveau de l'eau à tout péter) tout en faisant mumuse dans les vagues.
*Enfin les autres devaient sauter. Moi très franchement 3m, ça ne m'amuse plus. Même pas je me fatigue à escalader un rocher pour si peu.*
Comme je le disais, y'avait du vent, donc la mer était plutôt agitée. Et apparemment, nager 350m, pour certaines personnes c'est pas facile. Madame Chérie a d'entrée de jeu décidé de rester à se la donner au soleil sur la plage.
*Rho, j'ai été mauvaise langue sur les chéris : ils sont bien capable de se scinder, ô miracle.*
Nous n'étions donc plus que 5 à nous lancer à l'assaut du rocher.
Nous partons. Là je vais passer un peu vite parce que ça n'a pas beaucoup d'intérêt pour l'histoire.
Arrivés au rocher, Mademoiselle J. et Monsieur R. se lancent dans l'escalade.
*je ne le saurais qu'après mais ils ont galéré leurs mères à grimper au rocher. Note pour plus tard : si un jour le courant et le froid te font dangereusement galérer pour grimper à un rocher et menacent de te rabattre sur la roche : laisse tomber le masque et les palmes, t'as mieux à faire avec tes mains. Même si c'est pas à toi. Parce que ton énergie te sera plus précieuse pour lutter contre les éléments que pour rendre ces trucs à son propriétaire. Et le propriétaire préférera, à priori, te retrouver toi en bonne santé que ses palmes et son masque. Vraiment.*
Monsieur Chéri et Monsieur D. grelottent et ne font plus vraiment les fiers.
*Et ont probablement le pénis de la taille d'une knacki ball ! HAHAHA ! je ne sais pas pourquoi cette image m'a toujours fait rire. C'est dingue quand même cette rétractabilité du pénis ! Pardon. Je m'égare...*
N'ayant aucun problème d'ego, ils m'informent qu'ils le sentent moyen finalement et que le rocher vu d'ici leur parait vachement haut en fait. Je leur indique un rocher pas trop profond et assez plat juste là où ils ont pieds pour qu'ils se reposent un peu et leur dis de retourner à la plage tranquillement mais surtout sans s'arrêter de nager parce que bon, ils ont froid.
*Et ils ont les lèvres toutes bleues mais ça, faut pas le dire sinon ils vont paniquer et là ça va être la merde*
Ce qu'ils font bien sagement. Bien sûr je ne peux pas m'empêcher de les surveiller du coin de l’œil, mais leur retour se passe sans encombres.
*Et je te vois venir de suite, si je les surveille comme ça, ce n'est pas par bonté d'âme. C'est comme pour céder la place dans le bus : c'est pas pour toi mamie, c'est pour mon karma.*
Nous n'étions donc plus que 3. Je re-nage un peu vers le rocher. Là je vois Mademoiselle J. qui me fait des signes. ha non, en fait elle gesticule parce qu'elle se pèle les miches. Monsieur R. me fait comprendre qu'en fait, ils ne vont pas sauter. Ils vont redescendre du rocher.
OH MON DIEU. Ils vont redescendre du rocher. Sans sauter. Les cons. C'est à ce moment là que dans ma tête, j'ai entrevu la possibilité d'un début de film d'horreur. Comment t'expliquer sans que ça soit relou et long...
Tu vois dans les films d'horreurs quand la blonde décide de faire des groupes de un en disant "je reviens tout de suite ! faut que je te raconte comment j'ai perdu ma virginité avec Dylan hier soir !" et qu'à ce moment là tu sais qu'elle va se faire trucider ? Voilà. Là, les deux - dont un touriste - , qui étaient fatigués de la nage aller et de la montée sur le rocher, gelés par le vent ont décidé de se galérer à redescendre dans les vagues se fracassant contre le rocher (avec palmes et masques à la main) plutôt que de sauter tranquillement tout équipés dans le sens du vent et nager vers la plage.
A quel moment tu crois que c'est une bonne idée toi ?
Pour te donner une image, de là où j'étais, le vent allait de droite à gauche, les vagues aussi et le côté en pente douce pour redescendre du rocher est à droite. Donc méga exposé aux vagues et au vent. Alors qu'à gauche, c'est le côté où tu sautes et où y'a pas de vagues.
*Bon, ok, y'a le courant mais si tu nages bien, tu échappes vite.*
Donc voilà. Jouons à "ptêt je suis plus fort que les éléments, ça fait longtemps que j'ai pas testé on va bien voir".
J'essaie de leur faire comprendre que c'est une mauvaise idée. Ça ne marche pas. Mademoiselle J. se dirige en premier vers la descente. Bon, donc là, ok, fuck le karma, c'est quand même ma coupine donc je me préoccupe un peu. Je nage vers l'endroit où elle est sensée arrivée, et dans les vagues et le vent (tu la sens la tension là ?) je lui crie :
-" Attends, je vais surveiller les arrivées des vagues, arrête !
- Ok !
- Ok. Et quand je dis d'y aller tu y vas. Mais tu y vas vite hein ? t'as compris ? tu perds pas de temps ! Ça va aller, tu connais le chemin !
- Ok, nan mais c'est bon, de toute façon je connais le chemin t'inquiètes !"
*À ce moment, j'ai vaguement douté de la portée de ma voix*
-" t'es prête ?
- ouais !"
J'ai compté les vagues. J'ai crié vas-y. Elle m'a fait le signe de ok avec la main et n'a pas bougé. J'ai crié : BON, LOUPÉ, ATTENDS LA PROCHAINE !NON ! STOP ! PUTAIN DÉCONNE PAS ! ARRÊÊÊÊÊÊTE ! Elle y est allée. J'ai bien continué de lui crier non, d'arrêter, que merde non fait pas ça, putain y'a papa vague qui arrive non stop RHAAAAAHJÙOQP NBN FTF-'GÉ"'(§È!ÇÀ)-$^POIUYTRESDCFVGHJKLM !!!!
*Ô putain la vision d'horreur que j'ai eu d'un coup : je me suis imaginée à sa place, hyper concentrée dans ma descente avec du vent, des embruns et des cheveux dans la figure sans me douter de ce qui m'arrivait sur le coin de la gueule. Ça risquait de piquer un peu.*
Et donc, je vous le donne en mille : soudain, tout s'est mis à marcher au ralenti, un peu comme elle. Enfin, tout sauf les vagues. Sauf LA vague. La grosse qui vient après les vagounettes à touristes. La grosse vague qui a bien englobé ma coupine et l'a étalée un peu partout sur le bas du rocher et les petits récifs traîtres juste sous la surface autour de la descente du rocher. Un peu comme quand tu chouraves le rouge à lèvre de maman quand tu es petite et que tu t'en fous partout. Un peu comme quand le chat te mets un peu de souris morte sur les draps, sur la moquette, sur ton doudou, sur ton oreiller.
*Pause for drama*
Puis la vague a arrêté de jouer avec ma coupine et je suis allée la récupérer. Je te rassure, en fait ça allait, c'était pas si gore que ça, elle a eu un vieux réflexe, tu sais, celui avec les mains là. Certes, il lui fallait des points de sutures sur la paume droite, l'avant bras gauche et un pied mais elle s'en sortait plutôt bien.
-" J. ! Regarde moi : tout va bien ok ? C'est rien, c'était une vagounette à touristes, même pas mal !
- T'es sûre ? j'ai l'impression que ça pique un peu quand même là sur mon... OH PUTAIN DE SAMERE !!!
- Mais nan c'est rien regarde, pouf, un peu d'eau et plus rien ! c'est rien ! écoute-moi : faut que j'aille voir si tout va bien avec Monsieur R. Je vais te laisser retourner à la plage. Tu nages tout droit, tu t'arrêtes pas t'as bien compris ?
- Oh putain c'est la merde quand tu dis ça !
- Pas du tout. Vas-y, hurle-moi !
- OK, TOUT VA BIEN, JE VAIS RENTRER À LA NAGE TRANQUILOU TOUT DROIT VERS LA PLAGE PARCE QUE JE PISSE LE SANG ET QU'IL FAUT QUE JE SORTE DE L'EAU POUR QUE ÇA ARRÊTE DE PISSER LE SANG.
- et surtout ...?
- ET SURTOUT JE NE M'ARRÊTE PAS."
*première règle de secouriste : coordonner les gens et mentir au blessé*
Je te rassure, elle est bien arrivée jusqu'à la plage où elle a fièrement montré ses blessures de guerre aux autres en se marrant.
Nous n'étions plus que 2.
Enfin... à priori... Merde, il est où ? Ha ! il est là, prêt à descendre. A ce moment, je l'ai trouvé un peu blanc. Mais j'ai mis ça sur le compte de sa condition de touriste-qui-garde-un-teeshirt-tout-le-temps-même-quand-il-est-sur-la-plage. Lui au moins est arrivé sans encombres jusqu'à moi.
*oh oui, viens jusqu'à moi objet de mes désirs. J'en ai marre de m'occuper des gens je voudrais un peu de fun, viens batifoler dans les vagues avec moi, ho oui viens ! *
Ô joie, il se met même à nager tout bien avec ses palmes et son masque. Donc je me dis que ouf, le film d'horreur est fini, je vais pouvoir aller m'éclater dans les vagues un peu merdalafin.
*Parce que bon, je suis venue pour ça moi à la base, pas pour récupérer des touristes et des steaks de coupine !*
Donc on se dirige gentiment vers la plage. Je fais mon n'importe quoi de quand je suis dans les vagues en restant pas loin de l'objet quand même.
*Sauf que non. Regarde un peu la longueur de cette note. Tu sais que c'est pas fini. Qu'il va se passer un truc. Bientôt.*
QUAND SOUDAIN !
*Ha tu vois ?! je le savais !*
L'objet me chope un bout de bras et me dis :
*"- jAne, embrasse-moi chuis subjugué ! ". Bon. Non. Bien sûr, il n'a pas dit ça. Ça, c'est dans le monde merveilleux de ma tête avec un scénariste. Et là on s'embrasserait et... non. bon ok, back to reality. à la place, il a dit ça :*
- "'jAne, aide-moi, chuis fatigué."
ET MERDE !
On devait être à peu près à mi-chemin. J'ai donc chopé son bras et l'ai ramené sur la plage. Parce que fatigué mon cul ! Là c'était pas de la fatigue, c'était du "putain-sors-moi-de-là-jAne-je-vais-décéder".
Pffffffffff... C'est con quand même. Normalement, dans les films, c'pas l'inverse ? Je suis désolée mec, mais C'EST PAS À MOI JEUNE FILLE EN FLEUR DE SAUVER L'OBJET DE MES DÉSIRS QU'EST PAS FOUTU DE NAGER 100M AVEC UN PEU DE VAGUES MERDE ! C'est moi qui aurais dû être à moitié décédée d'avoir attendu TOUT LE MONDE dans l'eau froide depuis 2h parce que VOUS ÊTES PAS FOUTUS DE SAUTER D'UN ROCHER QUI FAIT 3M DE HAUT, c'est moi qui devrais être toute faible et tomber dans tes bras forts de mâle alpha qui me ramènerait jusqu'au rivage où tu me roulerais des pelles pour me ranimer RHÂÂÂÂÂ !!!
Mais non. En vrai, c'est pas comme ça. En vrai, tu sauves le mâle alpha.
*Et en vrai, je suis désolée mais les chats ne miaulent JAMAIS en marchant quand ils traversent la ruelle sombre. JA-MAIS, arrêtez avec ça, c'est chiant. Non, cherche pas, y'a pas de rapport.*
Et pendant que je ramenais le bel objet soudain bien mou (enfin je sais pas, je ne suis pas allée jusque là dans quand même) de mes désirs (pas très mous eux) sur le rivage, je suis mise à penser à un truc : ce mec me plaisait. Très. Beaucoup. Trop. Il était parfaitement au courant, je lui avais fait comprendre de manière complètement pas subtile un mois plus tôt. Mais en un mois, il ne s'est rien passé de son côté, donc moi je m'étais fait une raison, puis les cours ont fini et je suis partie / rentrée en vacances. MAIS, le mec vient me voir comme ça pouf un weekend. Mouais... je suis d'accord avec toi, c'était peut-être loutche. Selon mademoiselle J., y'avait baleine sous gravillon. Et, alors que je le ramenais à bon port, je me suis soudain dit que, ce faisant, j'annihilais toute chance de pécho ce mec un jour. Parce que franchement, dans quel film le mec tombe sous le charme de la meuf qui le sauve de la noyade ? Donc oui, à un moment, j'ai franchement hésité à le "sauver", tout ça pour pouvoir jouir encore de mon statut de jeune fille frêle et faible. Et puis à un moment, ma bonne conscience a pris le dessus et tant pis pour mon image, j'ai porté secours à une personne en danger. Parce que bon, après c'est compliqué, je pouvais me retrouver en tôle pour ça et y avait trop de témoins sur la plage.
Et attends. C'est pas fini. Parce que Monsieur R. une fois sur la plage n'a pas fait comme tout le monde. Monsieur R. s'est mis à trembler, vomir (de l'eau de mer), il avait les lèvres toutes bleues, les mains GELÉES de sa mère.
Bingo. Monsieur R. me faisait une (toute petite) hypothermie. Toute petite certes, mais dans une crique où c'que t'es SEUL AU MONDE et obligé d'escalader une putain de presque falaise tellement haute pour capter du réseau et / ou te sortir d'une situation de merde, j'avais bizarrement tendance à ne pas prendre les choses à la légère. Avec une estropiée sur les bras en plus. Donc voilà, c'était un peu la merde quand même.
*Un peu la merde ? Juste un peu jAne ? tu crois ? MAIS PUTAIN C'EST PAS VRAI !!! ON N'A PAS DE RÉSEAU DANS CETTE CRIQUE DE MERDE, IL DOIT RESTER 15 MINUTES DE SOLEIL SUR LA PLAGE, APRÈS C'EST SUR LES ROCHERS DU BOUT DE LA CRIQUE, J'AI UNE ESTROPIÉE QUI DEVRAIT SE FAIRE FAIRE DES POINTS DE SUTURES DARE DARE, UNE PRINCESSE ET DEUX TOURISTES MOUS DU GENOU JE FAIS COMMENT LÀ TOUT DE SUITE ??? calme toi. rechpirchme. Réfléchis.
1_Peut-être tu peux escalader à toute allure en haut là où ça capte et appeler les pompiers ? --> et créer un mouvement de panique général ?--> non.
2_Peut-être tu peux dire à un Monsieur D. d'escalader et appeler les pompiers ? --> nan. Il est jaloux de l'objet, il va tout foirer exprès--> c'est sans doute faux mais non quand même.
3_Peut-être tu peux demander aux chéris de remonter téléphoner, et charger Monsieur D. d'aider Mademoiselle J. à remonter et tu restes là avec l'objet tout froid jusqu'à ce que les pompiers arrivent ? --> Putain arrête de penser aux pompiers, ça donne trop chaud. Chaud. Chaude. Oh putain c'est ça. Faut réchauffer l'objet. Avec moi. Parce que je suis chaude. Et chaude. Mais arrête de penser à ça espèce d'obsédée.*
Et ce qui est étrange, et un peu dérangeant, c'est que j'ai pensé à tout ça pendant que j'aidais Monsieur R. à finir de cracher son eau de mer, le frictionnais avec une serviette sèche.
C'est dingue quand même : le mec n'en menait franchement pas large, et moi, tout ce à quoi je pensais c'était à quel moment j'arriverais quand même à le pécho. Ou plutôt à quel moment ce que je faisais réduirait complètement mes chances de le pécho à néant. Ou encore : un mec se faisant secourir par une nana est-il complètement incapable de ressentir une quelconque attraction physique par la suite ? Si vraiment je dois finir par me coller à lui pour le réchauffer, à quel point ça va être très heu... comment dire... moui caliente déla véga ? À quel moment on arrête d'être des homo sapiens sapiens 2.0 pour devenir des robots portant assistance à un truc sans se soucier de s'il est cute ou pas ?
*Oui, tout à fait, même dans ce genre de situation, jAne se prend la tête. jAne se prend la tête à peu près tout le temps quand elle est en présence d'humains. Deal with it.*
J'ai fini par mettre l'objet de mes désirs dans le petit bout de crique qui était encore au soleil et ai continué à le frictionner / masser pour qu'il se réchauffe. Oui je m'étais résolue à me rapprocher un peu de lui. Mais juste un peu hein parce que non, je n'étais pas franchement prête à coller mon corps contre le sien pour qu'il se réchauffe (beurk), et faut pas déconner, il n'était plus si froid que ça non plus.
*Et à priori un peu moins mou. Non. Je ne m'arrête jamais. JAMAIS.*
*Et à priori un peu moins mou. Non. Je ne m'arrête jamais. JAMAIS.*
Finalement, tout s'est bien terminé. Monsieur R. a finit par se remettre tranquillement (en allant soigner son ego d'homme Bêta secouru par une fille sur les rochers plats et au soleil du bout de la crique), les touristes étaient bien remis de leur traversée, Mademoiselle J. ne saignait plus et soutenait mordicus qu'on pouvait rester.
Je suis retournée faire joujou dans les vagues. Un peu de fraîcheur m'a fait le plus grand bien *^^*.
ENFIN. Sans personne à secourir.
*De toute façon, rien à foutre, j'avais ma barre de karma au maximum, le prochain qui a l'idée de se noyer, j’abrégerai ses souffrances en lui enfonçant moi même la tête sous l'eau !*.
Nous avons fini cette journée mémorable sains et saufs par un barbecue et beaucoup trop de tequilas paf.
Et au cas où tu te demandes, non, je n'ai pas emballé l'objet de mes désirs.
En tout cas, pas ce soir là. Mais ça, ce sont moult autres histoires...
____over and out____.
jAne.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire